Le Shikoku ken ou Kochi ken, est une race de chien fascinante originaire du Japon, plus précisément dans la préfecture de Kochi de l’île de Shikoku dont la race à tirer son nom. Celle-ci est située au sud de l’île principale nommée Honshu, elle est connue pour ses paysages montagneux, ses forêts denses et ses traditions culturelles riches. En japonais, Shikoku est composée de deux kanjis. Le premier « shi » veut dire quatre et le deuxième « koku » veut dire pays. Ce nom vient du fait que l’île est divisée en quatre provinces.
Il y a plus de 40 000 ans, le Japon était relié à l’Eurasie, ce qui permettait aux peuples d’aller et venir entre les différents territoires. Lors de l’insularisation du Japon, il y a 15 000 à 20 000 ans, il est supposé que seul un très petit nombre de personnes - seulement 1 000 (et ce pendant plusieurs millénaires) – serait restées sur l’archipel.
Le Japon a par la suite connu deux vagues migratoires de chasseurs ayant amené avec eux des chiens domestiques dressés pour la chasse. Durant l’ère Jomon qui couvre la période qui va, approximativement, de -13 000 jusqu'à environ -400 ans avant JC, les migrants auraient amené avec eux des chiens nommés les Jomon ken. Ce peuple vivait de la chasse et de la cuielettes et semblait n’avoir domestiqué alors que des chiens. Puis de -400 à – 300 ans durant la période Yayoi, le peuple du même nom a cette fois-ci amené avec lui des chiens originaires de la péninsule coréenne nommés les Yayoi-ken.
Les Shikoku-ken seraient donc issus des descendants de chiens croisés Jomon-ken et Yayoi ken. Depuis ce moment-là (2 000 ans environ) il est supposé que les Shikoku ken n’ont plus subi de croisement comte tenu qu’ils sont restés isolés dans une province très montagneuse. C’est donc dans cette région aux paysages escarpés que les Shikoku ken ont été élevés durant des années pour la chasse initialement au sanglier et au cerf. Son tempérament loyal et protecteur en faisait un compagnon de confiance dans les forêts épaisses de Shikoku. L’accès à ces régions étant très difficile, il est supposé que les Shikoku ken sont restés très proches de leur aspect originel et n’ont également pas subi l’influence des races occidentales comme cela a pu être le cas pour certaines races de chien sur l’île principale de Honshu.
Par exemple jusqu’en 1955, le village de Hongawa n’était accessible que par le tramway du bureau forestier. Les habitants vivaient donc quasiment en autarcie au milieu des montagnes. La chasse occupait donc une place très importante pour la survie de la population locale.
Dès 1868, les dirigeants japonais ayant levé la politique d’isolement qui durait depuis 200 ans environ, l’arrivée de novelles cultures et de nouveau chiens a été constaté sur le territoire. Certaines personnes se sont donc inquiétées de possibles croisements entre les chiens occidentaux et les chiens locaux. Des passionnés et des bénévoles créèrent donc le NIPPO. C’est en effet en 1928 que le Nihon Ken Hozonkai (Société de Préservation du Chien Japonais) aussi appelé NIPPO a été fondé pour classer et préserver les races japonaises. Il a été désigné en 1937 comme association par le Ministère de l’Intérieur. Le Nippo a commencé à tenir un registre des chiens et à éditer les premiers pedigrees.
Un gros travail de recherche a été entrepris pour rechercher les individus les plus purs. En ce qui concerne le Shikoku, c’est dans les régions montagneuses qu’il a fallu rechercher ces sujets. C’est dans la ville d’Hongawa situé dans la Préfecture de Kochi que se trouvaient les plus beaux sujets qui étaient nommés les Kyukyoku ou « ultimes ».
En effet, les Shikoku ken ayant été élevés dans différentes régions montagneuses éloignées les unes des autres cela a conduit au moment de la classification du Shikoku comme chien de race à identifier 3 types distincts provenant de 4 lignées différentes : Awa, Hongawa, Hata et Uwajima.
Les lignées Uwajima et Hata étaient tellement proches physiquement et géographiquement qu’elles ont étaient directement regroupées sous le nom de Hata. Malheureusement durant la Seconde Guerre Mondiale, la lignée Awa a presque complètement disparue. Ce qui fait que le Shikoku « des temps modernes » est composé essentiellement des lignées Hongawa et Hata. Morphologiquement, la lignée Hata avait une construction plus osseuse et épaisse avec un crane plus large et des oreilles plus petites que ceux de type Hongawa qui était plus longiliges et plus fins avec une construction et des allures élégantes et élancées. De même la fourrure du type Hata était plus dense et plus longue que celle du typa Hongawa qui avait une fourrure plus dure avec moins de sous poils.
Pedigree NIPPO
En 1937, le Shikoku ken est déclaré Monument naturel vivant. De ce fait, les efforts pour la préservation de la race vont s’intensifier. Malheureusement à partir de 1943 et ce jusqu’en 1948, le NIPPO doit stopper ses différentes activités d’autant que durant la guerre le gouvernement limite l’élevage de chiens.
C’est à partir de 1949, que l’association de préservation des races japonaises, organise annuellement une exposition nationale et de plus petites expositions locales dans tout l’archipel dédiées aux primitifs japonais.
À l’heure actuelle le NIPPO gère toujours les 6 races primitives japonaises (Akita inu, Hokkaido, Kai ken, Kishu, Shikoku ken et Shiba inu) et encourage la sélection sur les capacités de chasse des individus car cela préserve l’essence des chiens japonais. Le club de chasse du NIPPO organise depuis 1985 des sessions de chasse afin de tester les capacités des chiens en situation réelle. Cependant certaines races possèdent une association de race dédié comme Akita Inu Hozonkai appelé aussi AKIHO pour l’Akita inu.